Notes de lecture de La Boétie

Introduction (A. Legros, 14/05/2014)
Bibliographie
Édition (A. Legros, 2014)

Introduction

En mourant, La Boétie a légué à Montaigne l’ensemble de sa bibliothèque bordelaise à l’exception des livres de droit qu’il avait empruntés. C’est sans doute grâce à ce testament qu’on peut aujourd’hui reconstituer, à partir des vestiges de la « librairie » de Montaigne, ce qui reste de celle de son ami qui, lui, ne signait pas ses livres. Soit une vingtaine de volumes que Montaigne a marqués d’un « b. » minuscule, parfois rogné depuis, au coin supérieur droit de la page de titre par ailleurs signée de sa main : une Bible grecque, Egnatius, Hygin, Justin, Politien I, Politien II et Victorius (Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck), Appien, Sophocle, Strabon et Térence de 1541 (Bibliothèque Universitaire de Cambridge), Denys d’Alexandrie (Oxford, Christ Church), le Lexicon Ciceronianum d’Estienne (Oxford, Bodleian Library), Caton-Varron (Bibliothèque municipale de Toulouse), Diogène Laërce (Médiathèque de Libourne), Dion Cassius (Eton College), le Florilegium de Bade, Philon d’Alexandrie et Xénophon traduit par Castellion (Bibliothèque nationale de France), à quoi il faut peut-être ajouter l’Horace dont la page de titre est marquée d’un « B. » majuscule, toujours de la main de Montaigne (Médiathèque de Libourne). En tout, 1/5e des livres restants de la « librairie » de Montaigne, dont plusieurs en grec.

Certains de ces exemplaires ont été annotés par La Boétie, dont la main est facilement reconnaissable — et bien distincte de celle de Montaigne — quand on est un peu familier des arrêts autographes en français qu’il a rédigés comme rapporteur à la Cour de Bordeaux (1554-1563, même si ces notes de lecture sont en latin et/ou en grec. L’exemplaire conservé que La Boétie a le plus annoté est un Egnatius en deux tomes de 1551, autrement dit, éditées par Egnazio, les Cæsarum vitæ écrites à la suite de celles de Suétone et qui constituent notre « Histoire Auguste » : il place en marge des traits d’accolade, souligne certains mots du texte et surligne des phrases à valeur de sentences. Cette dernière caractéristique se retrouve dans deux autres exemplaires : le Diogène Laërce de 1533 et le Xénophon-Castellion de 1551, pourvus chacun d’une seule note marginale (dans le second cas, elle a pu inspirer une phrase de sa traduction de Xénophon). C’est surtout ou exclusivement du grec qu’on trouve, pour quelques notes souvent brèves, en marge de l’Appien, du Dion Cassius, du Sophocle, du Strabon et du Victorius. Un bon nombre de ces notes ont un caractère philologique : souvent des corrections, parfois des renvois brefs à d’autres pages, auteurs ou commentateurs ou encore des suggestions d’interprétation littérale. Une centaine de notes en tout, difficiles à dater. Elles montrent le futur traducteur de Plutarque et de Xénophon attentif à l’établissement des textes, comme tout humaniste — et celui-ci fut consulté par Arnoul le Ferron, un autre parlementaire, pour l’annotation de l’Erôticos de Plutarque.

Numérisation intégrale : Diogène Laërce, Egnatius 1551, Victorius. Pour les autres ouvrages (Appien, Dion Cassius, Sophocle, Strabon, Xénophon 1551), sélection d’images intégrées à chaque introduction.

Mise à jour le 7 mars 2015

Sur La Boétie, voir aussi :
Montaigne éditeur de la Boétie
La Boétie, De la servitude volontaire

Bibliographie

  • A. Legros, « Trois livres annotés par La Boétie et légués à Montaigne », Montaigne Studies, 2004, XVI, p.11-36
  • id., « Dix-huit volumes de la bibliothèque de La Boétie légués à Montaigne et signalés par lui comme tels », Montaigne Studies, 2013, XXV, p.177-188 (Victorius a été oublié !)
  • J. O’Brien, « A Book (or Two) from the Library of La Boétie », Montaigne Studies, 2015, XXVII, p. 179-192.

Édition

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