Archives de catégorie : «  Librairie  »

Dix-neuf livres marqués « b. » par Montaigne

Localisation : Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque municipale de Bordeaux, Médiathèque de Libourne, Bibliothèque municipale de Toulouse, Bibliothèque du Collège d’Eton, Bibliothèque de l’Université d’Oxford, Bibliothèque de l’Université de Cambridge,

Introduction (A. Legros, 24/04/2019)
Tableaux

Introduction

Dix-neuf volumes conservés de la « librairie » de Montaigne se caractérisent par la présence d’un b minuscule suivi d’un point, soit « b. »  au coin supérieur droit de la page de titre et plusieurs d’entre eux contiennent des notes et traits de plume de La Boétie. Très différent du b de La Boétie, celui-ci est assurément de la main de Montaigne, qui a placé là une indication de provenance : tous ces livres lui avaient été légués par son ami et ce « b. » signifiait donc « boetie ». Un vingtième, marqué « B. » (toujours de la main de Montaigne), pourrait leur être ajouté. Certains de ces livres ayant été rognés, il arrive que le « b. » soit tronqué dans sa partie haute.

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Inscriptions du «  cabinet  » et dédicace perdue de la librairie

Localisation : Tour de Montaigne.

Introduction (A. Legros, 07/03/2015)
Dédicace de la « librairie » à La Boétie (A. Legros, 2015)
Inscriptions du « cabinet » (A. Legros, 2015)
Photographies (A. Legros)
Lien : Restitution 3D de la « librairie »
Lien : Tombeau de Montaigne

Introduction

Ceux qui ont visité la tour de Montaigne à la fin du XVIIIe siècle et au début du siècle suivant jusqu’au début des années 1820 pouvaient encore voir les cinq degrés de « tablettes » de la bibliothèque dépouillée de ses livres. En témoignent plusieurs relations de Prunis à Audierne en passant par Bouquier, qui précise que des sentences analogues à celles du plafond étaient peintes sur l’épaisseur de ces tablettes, et Latapie, qui en signale d’autres au plafond du « cabinet ». Dans cette dernière pièce se trouvent encore, mais sur les murs, une longue inscription d’inauguration et les menus vestiges d’une légende d’ex-voto. Quant à la dédicace à La Boétie, elle a entièrement disparu avec la frise où elle courait, tout en haut du meuble de bibliothèque. Nécessairement conjecturale, sa restitution ne peut se faire qu’à partir de rares témoignages anciens, lacunaires mais assez concordants. Il en est de même de la légende d’ex-voto du « cabinet ».

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Sentences peintes au plafond de la « librairie »

Localisation : Château de Montaigne, Saint-Michel-de-Montaigne

Introduction (A. Legros, 10/07/2013 – Mise à jour : 2017)
Nouvelle édition (A. Legros, 2013 – Mise à jour : 2015)
Orthophotographie du plafond (P. Mora, Archéovision)
Images UV (Centre Ausonius)
Restitution 2D des sentences de la « librairie » (A. Legros et P. Mora, 2010 – Mise à jour : 2015)
Restitution 3D de la « librairie »

Introduction

De la bibliothèque de Montaigne, qu’il appelait sa « librairie », juste au-dessus de sa chapelle et de sa chambre très privée, à côté d’un cabinet qu’il juge « assez poli », dans une tour d’angle qui coiffe l’entrée de sa demeure, il ne reste aujourd’hui que des inscriptions, peintes jadis en noir sur fond blanc. Il ne parle pas de ce décor bien humaniste dans ses Essais, où il s’attarde pourtant à décrire la disposition de cette pièce et surtout l’usage qu’il en fait, lorsqu’à la fin de sa vie il y séjourne plus longuement, feuilletant ses livres et écrivant, surveillant aussi par les quatre fenêtres de l’étage les abords de sa maison, l’allée qui mène au village, le logis seigneurial légué par son père, les déplacements de ses gens dans la cour et dans la basse-cour.

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Liste des livres de Montaigne et de La Boétie conservés ou attestés

Localisation : Allemagne (Wolfenbüttel), Angleterre (Cambridge, Eton, Oxford), Écosse (Edimbourg), États-Unis (Bloomington, Charlottesville, Harvard, Williamstown, Williams College-Massachusetts, Princeton), Espagne (Madrid), France (Bordeaux, Chantilly, Fontenay-le-Comte, Libourne, Paris, Périgueux, Pessac, Toulouse), Suisse (Cologny-Genève), et collections particulières.

Introduction (A. Legros, 04/01/2015)
Accès à la liste (A. Legros, 2015 ; mise à jour : 26/05/2024)
Notes de Montaigne (A. Legros, 2015)
Notes de La Boétie (A. Legros, 2015)
Table de concordance de quatre listes récentes (A. Legros, 07/10/2019)
Récapitulation des données (A. Legros, 03/04/2020)
Commentaire de synthèse (A. Legros, 03/04/2020)

Introduction

Dressé à partir d’un examen des ex-libris ou autres marques autographes qu’ils contiennent, cet inventaire recense une centaine de volumes rescapés de la « librairie » de Montaigne. Soit environ un dixième de cette bibliothèque que l’auteur des Essais évaluait à « un millier » de livres. Il repose dans la plupart des cas sur un examen direct des pièces originales dans leurs lieux de conservation. La très récente et très attendue publication de Barbara Pistilli et Marco Sgattoni sur La Biblioteca di Montaigne (Pise, Scuola Normale Superiore, 2014), version sur papier heureusement substituée à une version en ligne devenue obsolète, dispense la présente liste d’un certain nombre d’informations fournies par cet ouvrage exhaustif et dûment illustré (compte rendu dans Bulletin de la Société Internationale des Amis de Montaigne, 60-61, 2014-2 2015-1, p. 123-128), auquel on voudra bien recourir pour tout renseignement sur les reliures, les dimensions, les provenances et les bibliographies, mais dont on pourra compléter ici même certaines notices par des informations et considérations nouvelles dont certaines n’ont pu être procurées à temps aux deux auteurs. La présente liste invite par ailleurs son lecteur à accéder gratuitement aux fac-similés numériques des volumes recensés au fur et à mesure de leur mise en ligne, ainsi qu’à l’édition renouvelée, par A. Legros, des notes manuscrites qu’ils contiennent, sur le site des Bibliothèques Virtuelles Humanistes, désormais BVH-Monloe (projet ANR « MONtaigne à L’Œuvre », CESR, Université de Tours).

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Fac-similés des Essais

(Dernière mise à jour : 13 octobre 2015)

12 éditions

Liste établie sous la responsabilité scientifique de Marie-Luce Demonet et d’Alain Legros

  1. Essais, Bordeaux, S. Millanges, 1580 [Exemplaire de Romorantin] : Livre I / Livre II
    (Romorantin, Musée de Sologne)
  2. Essais, Bordeaux, S. Millanges, 1580 [Exemplaire Lalanne] : Livre I / Livre II
    (Bordeaux, BM)
  3. Essais, Bordeaux, S. Millanges, 1582 : Livre I & II
    (Bordeaux, BM)
  4. Essais, Paris, A. L’Angelier, 1588 [Exemplaire Solvay] : Page de titre / « Au Lecteur » (f. 2)
    (Bruxelles, Bibliothèque nationale de Belgique)
  5. Essais, Paris, A. L’Angelier, 1588 [Exemplaire Lambiotte] : Livre I à III
    (Bordeaux, BM)
  6. Essais, Paris, A. L’Angelier, 1588 [Exemplaire de Bordeaux] : Fac-similé sur Gallica
    (Bordeaux, BM)
  7. Les Essais, Paris, A. L’Angelier, 1595 [Première édition de Marie de Gournay]
    (Cambridge, University Library)
  8. Les Essais, Paris, A. L’Angelier, 1595 [Corrections autographes de Marie de Gournay]
    (Anvers, Museum Plantin Moretus)
  9. Les Essais, Paris, A. L’Angelier, 1598 [Édition de Marie de Gournay]
    (Cambridge, University Library)
  10. Les Essais, Paris, P. Rocolet et T. Du Bray, 1635 [Dernière édition de Marie de Gournay]
    (Cambridge, University Library)
  11. Les Essais, Paris, H. Estienne et E. Cousterot, 1652 [Notes autographes de Jean-Jacques Rousseau]
    (Cambridge, University Library)
  12. Les Essais, Londres, J. Nourse et Vaillant, 1754 [François de Lamontaigne a recopié avec soin dans les marges de cet exemplaire les notes que Florimont de Raemond, ami de Montaigne, avait inscrites dans les marges du sien]
    Tome I, Tome II, Tome III, Tome IV, Tome V, Tome VI, Tome VII, Tome VIII, Tome IX, Tome X
    (Bordeaux, BM)

A cette liste s’ajoute une édition contrefaite en 1593 : Livre des essais de Michel Seigneur de Montaigne. Divise en deux parties., Lyon, pour Gabriel de La Grange, 1593 (Réseau des Bibliothèques de l’Université de Liège)

Notes de lecture de La Boétie

Introduction (A. Legros, 14/05/2014)
Bibliographie
Édition (A. Legros, 2014)

Introduction

En mourant, La Boétie a légué à Montaigne l’ensemble de sa bibliothèque bordelaise à l’exception des livres de droit qu’il avait empruntés. C’est sans doute grâce à ce testament qu’on peut aujourd’hui reconstituer, à partir des vestiges de la « librairie » de Montaigne, ce qui reste de celle de son ami qui, lui, ne signait pas ses livres. Soit une vingtaine de volumes que Montaigne a marqués d’un « b. » minuscule, parfois rogné depuis, au coin supérieur droit de la page de titre par ailleurs signée de sa main : une Bible grecque, Egnatius, Hygin, Justin, Politien I, Politien II et Victorius (Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck), Appien, Sophocle, Strabon et Térence de 1541 (Bibliothèque Universitaire de Cambridge), Denys d’Alexandrie (Oxford, Christ Church), le Lexicon Ciceronianum d’Estienne (Oxford, Bodleian Library), Caton-Varron (Bibliothèque municipale de Toulouse), Diogène Laërce (Médiathèque de Libourne), Dion Cassius (Eton College), le Florilegium de Bade, Philon d’Alexandrie et Xénophon traduit par Castellion (Bibliothèque nationale de France), à quoi il faut peut-être ajouter l’Horace dont la page de titre est marquée d’un « B. » majuscule, toujours de la main de Montaigne (Médiathèque de Libourne). En tout, 1/5e des livres restants de la « librairie » de Montaigne, dont plusieurs en grec. Voir aussi : Dix-neuf livres marqués « b. » par Montaigne

Certains de ces exemplaires ont été annotés par La Boétie, dont la main est facilement reconnaissable — et bien distincte de celle de Montaigne — quand on est un peu familier des arrêts autographes en français qu’il a rédigés comme rapporteur à la Cour de Bordeaux (1554-1563, même si ces notes de lecture sont en latin et/ou en grec. L’exemplaire conservé que La Boétie a le plus annoté est un Egnatius en deux tomes de 1551, autrement dit, éditées par Egnazio, les Cæsarum vitæ écrites à la suite de celles de Suétone et qui constituent notre « Histoire Auguste » : il place en marge des traits d’accolade, souligne certains mots du texte et surligne des phrases à valeur de sentences. Cette dernière caractéristique se retrouve dans deux autres exemplaires : le Diogène Laërce de 1533 et le Xénophon-Castellion de 1551, pourvus chacun d’une seule note marginale (dans le second cas, elle a pu inspirer une phrase de sa traduction de Xénophon). C’est surtout ou exclusivement du grec qu’on trouve, pour quelques notes souvent brèves, en marge de l’Appien, du Dion Cassius, du Sophocle, du Strabon et du Victorius. Un bon nombre de ces notes ont un caractère philologique : souvent des corrections, parfois des renvois brefs à d’autres pages, auteurs ou commentateurs ou encore des suggestions d’interprétation littérale. Une centaine de notes en tout, difficiles à dater. Elles montrent le futur traducteur de Plutarque et de Xénophon attentif à l’établissement des textes, comme tout humaniste — et celui-ci fut consulté par Arnoul le Ferron, un autre parlementaire, pour l’annotation de l’Erôticos de Plutarque.

Numérisation intégrale : Diogène Laërce, Egnatius 1551, Victorius. Pour les autres ouvrages (Appien, Dion Cassius, Sophocle, Strabon, Xénophon 1551), sélection d’images intégrées à chaque introduction.

Mise à jour le 7 mars 2015

Sur La Boétie, voir aussi :
Montaigne éditeur de la Boétie
La Boétie, De la servitude volontaire

Bibliographie

  • A. Legros, « Trois livres annotés par La Boétie et légués à Montaigne », Montaigne Studies, 2004, XVI, p.11-36
  • id., « Dix-huit volumes de la bibliothèque de La Boétie légués à Montaigne et signalés par lui comme tels », Montaigne Studies, 2013, XXV, p.177-188 (Victorius a été oublié !)
  • J. O’Brien, « A Book (or Two) from the Library of La Boétie », Montaigne Studies, 2015, XXVII, p. 179-192.

Édition