Lettres de Montaigne, privées et officielles

Localisations :

  • Bordeaux, Archives départementales de la Gironde : lettre n° 3 (à défaut, copie Gaullieur sur internet).
  • Bordeaux, Archives municipales : lettres n° 13, 17, 25, et annexe.
  • Bordeaux, Bibliothèque Mériadeck : lettres n° 6, 7.
  • Leyde, Universiteitsbibliotheek : lettre n° 28 (à défaut, cliché Meerhoff et Smith).
  • Londres, British Library : lettre n° 22 (à défaut, fac-similé Payen).
  • Monaco, Archives du Palais Princier : lettres n° 4, 8, 9, 11, 12, 14, 15, 16, 18, 19, 20, 21, 23, 26.
  • Paris, Bibliothèque nationale, Manuscrits (Richelieu) : lettres n° 1, 5, 10, 24 (copie Detcheverry), 27, 29, 30, 31, 32.
  • Rome, Archivio Storico Capitolino : lettre n° 2.

Introduction (A. Legros, 2013, mise à jour 2017)
Liste des Lettres
Édition (A. Legros, 2013)
Édition XML-TEI

Introduction

Le lecteur des Essais se souvient de ce que Montaigne dit de ses mains : il les a « si gourdes » qu’il ne peut ni « tailler plume » ni « clorre à droit une lettre ». Pour peu qu’il ait lu aussi son Journal de voyage, il se rappelle que le souvenir douloureux de La Boétie depuis longtemps décédé surgit un jour d’une lettre que le gentilhomme voyageur écrivait au cardinal d’Ossat. Dans la « librairie » où il aimait à se retirer lorsqu’il était sur ses terres, Montaigne ne fit pas que feuilleter ou lire les livres des autres, ni écrire ou dicter le sien, il entretint sans aucun doute une correspondance non négligeable avec nombre de ses contemporains, parents, amis, collègues, « gens de justice et de finance », érudits, poètes, nobles, princes et rois, sans oublier les dames.

Et cette dernière pratique trouve son prolongement jusque dans les chapitres des Essais dédiés et comme adressés à Madame d’Estissac, à Madame de Guiche, à Madame de Duras, peut-être aussi, pour le plus long d’entre eux, à la reine de Navarre, Marguerite de Valois. Quant aux œuvres de son ami, qu’il édite dès 1571, Montaigne les dédie tour à tour à Monsieur de Foix, à Monsieur de Lansac, à Henri de Mesme, à Michel de l’Hospital et à « Mademoiselle de Montaigne », son épouse. Ce sont autant de lettres en marge des traductions et poèmes de l’ami. Il leur adjoint même le récit fait à son père (« Monseigneur de Montaigne »), des derniers instants d’Etienne de La Boétie. Ce long « extrait de lettre », signé d’un nom qui n’avait été jusque là que celui d’un traducteur, passé ici au rang d’éditeur scientifique, sonna en quelque sorte son entrée en écriture.

Seules sont réunies ici les lettres et dédicaces non publiées par Montaigne. Trente-deux en tout, si l’on compte trois lettres rédigées « en jurade », donc collectives,  et deux dédicaces manuscrites des Essais de 1588. Vingt-trois de ces documents sont des originaux, conservés à Monaco (14 pièces), à Paris (3), à Bordeaux (3), à Leyde (1), à Londres (1) et à Rome (1). Pour les autres, on dispose de fac-similés et de six copies tardives, presque toutes imprimées. Pour la plupart autographes et adressées par Montaigne au maréchal de Matignon, lieutenant du roi en Guyenne à l’époque où il était, lui, maire de Bordeaux pour deux mandats successifs, vingt-trois de ces lettres ont été écrites entre 1581 et 1585 (avec un pic pour le mois de février 1585 : six lettres) et conservées parmi les archives de la famille de Matignon, au sein d’une ample correspondance avec tous les grands du royaume et un grand nombre d’informateurs.

Château de Beauregard. Photo Alain Legros.

Château de Beauregard. Photo Alain Legros.

C’est beaucoup et c’est peu. Quelque chose comme ces mosaïques, colonnes, murailles et inscriptions à partir desquelles, en bons émules de Vinet et des « antiquaires » bordelais du temps de Montaigne, nous cherchons aujourd’hui à reconstituer, en esprit ou en 3D, ce que furent jadis telle villa ou tel temple, et, à partir de là, une idée de ce que fut l’Empire romain. Il serait vain ici de faire la liste des lettres perdues en alignant les noms d’Henri III, de Turenne, de Montpensier, de la reine Marguerite, de Juste Lipse, de La Boétie, de Marie de Gournay,… Les deux grands lettres à Henri IV devenu roi suffisent à prendre la mesure du personnage, aussi discret qu’il ait pu être. Sans parler des deux substantielles lettres de remontrance, il est vrai collectives.

Pour s’en tenir à la période considérée et aux lettres adressées alors à Matignon, Montaigne y apparaît comme un agent de renseignement redoutable et précieux, attentif à tous les bruits qui courent pour en informer le maréchal, que ce soit dans son « quartier », près de Sainte-Foy gagnée à la Réforme, lieu de séjour, voire de passage, des huguenots quand, venant de Montauban ou de Pau, ils montent vers La Rochelle, ou que ce soit à Bordeaux même, interdite à Navarre, où les ligueurs tentent de faire la loi. Ce qui se passe alors en Guyenne est crucial, car le roi de Navarre, depuis la mort de « Monsieur », frère du roi, est devenu l’héritier présomptif de la couronne de France. Encore attend-on de lui qu’il se réconcilie avec son épouse Marguerite, sœur d’Henri III, et qu’il se convertisse au catholicisme. A moins que, partisan des Guises, on ne cherche à l’éliminer bien avant…

Bref, celui dont on dit à satiété qu’il fut maire de Bordeaux, ville qu’il contribua certes à sauver dans des circonstances difficiles mais qu’il ne regagna pas à la fin de son mandat lorsqu’elle était en proie à la peste (sur les bras, non au foie…), était d’abord au service de Matignon, donc du roi de France, à Bordeaux comme chez lui ou partout ailleurs sur les routes de Guyenne, du moins autant qu’il le fallait. D’où ses absences, d’où ses lettres aux jurats, en qui il a toute confiance. Henri III voulait être informé exactement des déplacements et des intentions de Navarre. Il comptait pour cela sur le normand Jacques de Goyon de Matignon, nommé par lui lieutenant général de Guyenne. Et Matignon comptait, lui, sur Montaigne, natif du cru, fidèle serviteur du royaume, bon observateur et bon négociateur, expert dans l’art de l’entregent et comptant des amis dans les deux camps.

Point n’est besoin cependant de se passionner pour l’histoire, nationale ou locale, pour prendre plaisir à la lecture des lettres qui nous restent (et parmi elles, une lettre en italien écrite à Rome). Montaigne s’y montre souvent habile conteur, quoi qu’il en ait dit dans les Essais. Et l’amateur de littérature épistolaire y voit avec plaisir, comme dans les Liaisons dangereuses, les lettres se répondre, se croiser, s’égarer, se vider elles-mêmes de toute substance en confiant au porteur le contenu confidentiel ou secret d’un message dont nous ne saurons rien.

La présente édition numérique m’aura permis de compléter ma collecte des suscriptions ou adresses, placées souvent sur une autre feuille que le texte, mais aussi parfois au verso de la même feuille. Grâce à une bonne numérisation et aux agrandissements qu’elle permet, chacun pourra voir encore les plis qui montrent de quelle façon la lettre était close, mais aussi des vestiges de sceaux à l’effigie d’une balance et parfois l’empreinte laissée dans la cire rouge par la languette de fermeture. Si Montaigne laissait autrui plier et clore sa missive, il ne répugnait pas toutefois, quoi qu’on en ait dit, à écrire l’adresse de sa main : sur les vingt-et-une adresses retrouvées, dont sept sont d’un seul et même secrétaire au graphisme spécifique, deux d’un autre, et neuf de différentes mains, cinq sont autographes. Dans la largeur de la lettre ainsi fermée et perpendiculairement à l’adresse, d’autres mains ont inscrit de surcroît, au départ et/ou à l’arrivée, le nom de l’expéditeur et la date de l’expédition.

L’une des deux lettres à Henri IV se signale par une écriture soignée, régulière sur trois pages, sans rature ou « liture », sans  abréviation (sinon, comme à l’accoutumée, dans la formule terminale), avec deux seules surcharges, très discrètes, dont une pour substituer à un g à descendante simple un g à boucle conforme à l’usage adopté pour l’ensemble de la missive et sans doute jugé plus élégant (ainsi déjà faisait le jeune Montaigne dans ses notes de lecture).

Si l’on en croit la fin de « Consideration sur Ciceron » (Essais, I, 39 dans l’édition de 1595), c’était là une royale exception : « J’escrits mes lettres tousjours en poste, et si precipiteusement, que quoy que je peigne insupportablement mal, j’ayme mieux escrire de ma main, que d’y en employer un’autre, car je n’en trouve point qui me puisse suivre, et ne les transcrits jamais : J’ay accoustumé les grands, qui me cognoissent, à y supporter des litures et des trasseures, et un papier sans plieure et sans marge. Celles qui me coustent le plus, sont celles qui valent le moins : Depuis que je les traine, c’est signe que je n’y suis pas. Je commence volontiers sans project ; le premier traict produit le second. Les lettres de ce temps, sont plus en bordures et prefaces, qu’en matiere : Comme j’ayme mieux composer deux lettres, que d’en clorre et plier une ; et resigne tousjours cette commission à quelque autre : de mesme quand la matiere est achevée, je donrois volontiers à quelqu’un la charge d’y adjouster ces longues harangues, offres, et prieres, que nous logeons sur la fin, et desire que quelque nouvel usage nous en descharge : Comme aussi de les inscrire d’une legende de qualitez et tiltres, pour ausquels ne broncher, j’ay maintesfois laissé d’escrire, et notamment à gens de justice et de finance. »

Il y aurait sans doute profit à comparer le style des Essais à celui des lettres, comme on a pu s’y essayer déjà sur les arrêts au rapport de Montaigne. On pourrait joindre à ce bref corpus les notes de lecture un peu longues, comme la note de synthèse du César et celle du Quinte-Curce. La comparaison de ces textes avec les ajouts autographes de l’exemplaire de Bordeaux sur le plan strict de la ponctuation montrerait des constances d’écriture. Ici, dans les textes autographes, dépourvus de toute virgule, on trouve une grande majorité de majuscules de scansion, non précédées de points, mais aussi un point suivi d’une minuscule, et quand même neuf points suivis de majuscules.

Selon un principe déjà adopté pour l’édition des notes du Beuther et des notes de lecture de Montaigne, on distinguera ici trois états successifs de transcription : transcription diplomatique (à l’usage du philologue ou de tout lecteur sensible aux graphismes, qui pourra s’en aider pour lire les facs-similés numériques correspondants), texte régularisé (prêt pour l’encodage à venir, donc pour le chercheur futur, c’est le texte qu’il convient de citer, car il ne modifie ni les graphies d’origine ni la ponctuation), version modernisée (à l’exception de la lettre en italien traduite, ce n’est pas une traduction, mais les synonymes ou tours équivalents proposés peuvent aider le lecteur, voire un éventuel  traducteur à venir, et c’est dans cette section qu’on trouvera les explications indispensables à la compréhension des contenus). Le commentaire étant réduit au minimum, pour plus d’informations et une bibliographie chronologique on voudra bien se reporter à Montaigne manuscrit, Paris, Editions Classiques Garnier, 2010.

Même si le travail de transcription a été effectué sur les documents originaux, nous remercions d’ores et déjà pour leur diligence les responsables des Archives du Palais Princier de Monaco dont les numérisations, gracieusement fournies pour le projet MONLOE, sont signalées par le logo de la Principauté intégré au fichier numérique, ainsi que ceux de l’Archivio Storico Capitolino de Rome, fournisseurs de l’intéressante lettre en italien où Montaigne sollicite du Sénat l’honneur d’être reçu « citoyen romain ». Les autres demandes sont en cours de traitement.

Liste des lettres

  1. Extrait d’une lettre au conseiller Jean de Belot, de Montaigne, décembre 1567 (copie)
    Paris, BnF, site Richelieu – lettre n° 1
  2. Lettre aux conservateurs de la ville de Rome, de Rome, 12 mars 1581 (pièce originale)
    Rome, Archivio Storico Capitolino – lettre n° 2
  3. Lettre du maire et des jurats aux conseillers du Parlement, de Bordeaux, 28 avril 1582 (copie)
    Bordeaux, Archives Départementales de la Gironde – lettre n° 3
  4. Lettre au maréchal de Matignon, de Bordeaux, 30 octobre 1582 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 4
  5. Lettre aux jurats de la ville de Bordeaux, de Montaigne, 21 mai 1583 (copie)
    Paris, BnF, site Richelieu – lettre n° 5
  6. Lettre de remontrance des maire et jurats au roi Henri III, de Bordeaux, 31 août 1583 (copie)
    Bordeaux, BM – lettre n° 6
  7. Lettre de remontrance des maire et jurats au roi de Navarre, de Bordeaux, 10 décembre 1583 (copie)
    Bordeaux, BM – lettre n° 7
  8. Lettre au maréchal de Matignon, de Mont-de-Marsan, 14 décembre 1583 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 8
  9. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, 21 janvier (et non juin) 1584 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 9
  10. Lettre au conseiller Dupuy, du Castera, 23 avril [1584] (copie)
    Paris, BnF, site Richelieu – lettre n° 10
  11. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, le 12 juillet [1584] (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 11
  12. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, 19 août (et non avril) 1584 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 12
  13. Lettre aux jurats de la ville de Bordeaux, de Montaigne, 10 décembre 1584 (pièce originale)
    Bordeaux, Archives municipales – lettre n° 13
  14. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, 18 janvier 1585 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 14
  15. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, 26 janvier 1585 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 15
  16. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, 2 février 1585 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 16
  17. Lettre aux jurats de la ville de Bordeaux, de Montaigne, 8 février 1585 (pièce originale)
    Bordeaux, Archives municipales – lettre n° 17
  18. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, 9 février 1585 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 18
  19. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, 12 février [1585] (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 19
  20. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, 13 février 1585 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 20
  21. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, sans date (février 1585 ?) (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 21
  22. Lettre au maréchal de Matignon, de Bordeaux, 22 [et non 27] mai 1585 (copie)
    Tours, Bibliothèque du CESR – lettre n° 22
  23. Lettre au maréchal de Matignon, de Bordeaux, 27 mai 1585 (pièce originale)
    Monaco, Archives du Palais Princier – lettre n° 23
  24. Lettre aux jurats de la ville de Bordeaux, de Libourne, 30 juillet 1585 (copie)
    Bordeaux-Pessac, Bibliothèque universitaire de Lettres et Sciences humaines – lettre n° 24
  25. Lettre aux jurats de la ville de Bordeaux, de Feuillas, 31 juillet 1585 (pièce originale)
    Bordeaux, Archives municipales – lettre n° 25
  26. Lettre au maréchal de Matignon, de Montaigne, 12 juin [1587] (pièce originale)
    Monaco, Archives princières – lettre n° 26
  27. Lettre au maréchal de Matignon, d’Orléans, 16 février 1588 (pièce originale)
    Paris, BnF, site Richelieu – lettre n° 27
  28. Dédicace d’un exemplaire des Essais de 1588 à Mademoiselle Le Paulmier (sans lieu ni date) (pièce originale)
    Leyde, Universiteitsbibliotheek – lettre n° 28
  29. Dédicace d’un exemplaire des Essais de 1588 à Antoine Loisel (sans lieu ni date) (copie)
    Paris, BnF, site Richelieu – lettre n° 29
  30. Lettre au roi Henri IV, de Montaigne, 18 janvier [1590] (pièce originale)
    Paris, BnF, site Richelieu – lettre n° 30
  31. Billet sans adresse joint à un titre au porteur, de Montaigne, le 10 mars ou mai 1590 (copie)
    Paris, BnF, site Richelieu – lettre n° 31
  32. Lettre au roi Henri IV, de Montaigne, 2 septembre [1590] (pièce originale)
    Paris, BnF, site Richelieu – lettre n° 32
  33. Annexe. « Lettre du maréchal de Matignon, gouverneur de Guyenne, à Michel de Montaigne, maire de Bordeaux », de Marmande, 13 juin 1585 (pièce originale)
    Bordeaux, Archives municipales – lettre n° 33
  34. NB : Dédicaces de Montaigne éditeur de la Mesnagerie de Xénophon et Lettre sur la mort de La Boétie
    Bordeaux, Bibliothèque Municipale, PF 1758/1 Rés.

 

Édition intégrale par Alain Legros

  1. Version diplomatique (Lettres réunies en un seul fichier, avec distinction des mains)
  2. Version régularisée (Lettres réunies en un seul fichier, avec distinction des mains)
  3. Version modernisée (Lettres réunies en un seul fichier, avec distinction des mains)

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