Archives de catégorie : Documents

Autographes de Léonor, fille de Montaigne

Localisation : Anvers (Museum Plantin Moretus), Harvard (The Houghton Library), Metz (Médiathèque Verlaine).

Introduction (A. Legros, 27/02/2015)
Fac-similés
Lettre autographe de Léonor (A. Legros, 2015)

Introduction

Si Montaigne évoque sa seule fille survivante dans les Essais, c’est pour dire qu’elle est encore dans les jupes d’une mère qui la maintient un peu trop dans l’enfance et d’une gouvernante qui s’alarme de ce qu’elle a rencontré en lisant un mot équivoque, susceptible d’interprétation sexuelle. Sur son Éphéméride de Beuther, il note cependant avec soin sa naissance (9 septembre 1571), sa présence comme marraine au baptême de sa sœur Marie (21 février 1583), son mariage avec François de la Tour (27 mai 1590), son départ pour son nouveau foyer (23 juin 1590) et la naissance de sa première fille, Françoise (31 mars 1591). Elle prendra elle-même la plume pour y consigner plus tard les fiançailles de cette même fille, à l’âge de neuf ans (10 décembre 1600), son second mariage avec Charles de Gamaches (20 octobre 1608) et la naissance d’une seconde fille née de cette union (30 avril 1610). En 1614 (date non indiquée), c’est encore elle qui complète une note déjà installée sur la mort de son père, « Michel seigneur de Montaigne », pour préciser que son cœur a été déposé dans l’église du village et que Françoise de la Chassaigne, veuve de Michel, a fait transporter son corps à Bordeaux, en l’église des Feuillants (13 septembre 1592). La première partie de cette note du 13 septembre 1592 semble avoir été écrite par Bertrand de Matecoulon, à l’époque où cependant Françoise, la veuve de Montaigne, était la détentrice du Beuther familial. Le petit frère de Michel prendra ou reprendra la main quand il lui faudra enregistrer la mort de Léonor à Auch, le 23 janvier 1616. Une autre main précisera, dans la continuité de cette note, que son cœur a été déposé aux Cordeliers et son corps aux Feuillants de Bordeaux, près de son père et bien avant sa mère, inhumée en même lieu en 1627.

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Arrêts du Parlement de Bordeaux au rapport de Montaigne

Localisation : Archives départementales de la Gironde

Introduction (A. Legros, 31/01/2014)
Fac-similés
Édition et glossaire (A. Legros, 2013)
Édition XML-TEI

Introduction

Les Archives Départementales de la Gironde conservent, dans des liasses classées par Gabriel Loirette au siècle dernier, 47 arrêts manuscrits du Parlement de Bordeaux au rapport de Montaigne. Arrêts ou plus exactement dicta, car ces textes, élaborés par les conseillers siégeant dans la Première des deux Chambres des Enquêtes du Parlement de Bordeaux qui jugeaient en appel, n’allaient devenir arrêts au sens propre qu’une fois lus à haute voix et validés par la Grand Chambre. Écrits par le relator (rapporteur) ou bien sous sa dictée, à tout le moins sous son contrôle, ils étaient signés par le président de la Chambre, qui fixait le montant des épices dues au rapporteur et aux commissaires, puis par le rapporteur lui-même, qui dressait la liste des conseillers présents par ordre d’ancienneté et de préséance ou d’« entrée », avant que le greffier n’indique au bas de l’acte la date du procès et parfois en marge le montant des amendes ou des dépens. Si l’on excepte les interventions nécessaires du président et du greffier, dix de ces dicta sont entièrement écrits de la main de Montaigne en écriture humanistique. Les trente-sept autres, en gothique cursive, ont été écrits par deux ou trois mains différentes, avec parfois des corrections ou additions du rapporteur, qui les signe tous « michel de mõtaigne » à une exception près. Pour trente-cinq d’entre eux, il a écrit lui-même en une ou deux colonnes la liste des président(s) et conseillers présents. Dans tous les cas, son propre nom vient en fin de liste, le plus souvent suivi de la mention « rapporteur » ou relator, abrégée ou entière.

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Inscriptions du tombeau de Montaigne

Localisation : Musée d’Aquitaine, Bordeaux

Introduction (A. Legros, 03/09/2013)
Photographies
Édition (A. Legros 2013)

Introduction

Sur l’Éphéméride de Beuther que possédait Montaigne, son frère Bertrand a écrit à la page du 13 septembre : « cete annee 1592 mourut michel segneur de Montaigne age de 59 ans e demy ». Sa fille Léonor a précisé ensuite le lieu du décès, puis celui de la sépulture : « a montaigne son cœur fut mis dans lesglise st michel et fransoise de la chasagne dame de montaigne sa vefve fit porter son corps a bourdeaus et le fit enterrer an leglise des Fœillens ou elle luy fit faire un tombeau esleve et acheta pour cela la fondation de lesglise. »

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Inscription du collège de Guyenne

Localisation : Musée d’Aquitaine, Bordeaux

Introduction (A. Legros, 03/09/2013)
Photographie (Alain Legros)
Édition (A. Legros, 2013)

Introduction

Seul vestige du collège de Guyenne, le linteau d’une porte disparue est exposé à Bordeaux, au Musée d’Aquitaine, dans la salle où se trouve le tombeau de Montaigne. Cette proximité remonte à 1909, année de la découverte du linteau et date à laquelle le tombeau se trouvait dans l’ancienne Faculté des Lettres.

Si la porte était bien celle de l’entrée, chaque collégien, en passant ce seuil, était invité à lire et méditer l’inscription latine, gravée en capitales sur cette pierre en juin 1543, qui l’incitait à honorer la ville et cité de Bordeaux en imitant Ausonius, le plus illustre de ses enfants. Elie Vinet publiera plus tard les œuvres de ce grand poète et savant du IVe siècle, époque où la ville s’appelait « Burdigala », ainsi qu’un règlement du collège (Schola Aquitanica, Bordeaux, 1583 ; exemplaire de Cambridge en ligne sur le site des BVH).

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Lettres de Montaigne, privées et officielles

Localisations :

  • Bordeaux, Archives départementales de la Gironde : lettre n° 3 (à défaut, copie Gaullieur sur internet).
  • Bordeaux, Archives municipales : lettres n° 13, 17, 25, et annexe.
  • Bordeaux, Bibliothèque Mériadeck : lettres n° 6, 7.
  • Leyde, Universiteitsbibliotheek : lettre n° 28 (à défaut, cliché Meerhoff et Smith).
  • Londres, British Library : lettre n° 22 (à défaut, fac-similé Payen).
  • Monaco, Archives du Palais Princier : lettres n° 4, 8, 9, 11, 12, 14, 15, 16, 18, 19, 20, 21, 23, 26.
  • Paris, Bibliothèque nationale, Manuscrits (Richelieu) : lettres n° 1, 5, 10, 24 (copie Detcheverry), 27, 29, 30, 31, 32.
  • Rome, Archivio Storico Capitolino : lettre n° 2.

Introduction (A. Legros, 2013, mise à jour 2017)
Liste des Lettres
Édition (A. Legros, 2013)
Édition XML-TEI

Introduction

Le lecteur des Essais se souvient de ce que Montaigne dit de ses mains : il les a « si gourdes » qu’il ne peut ni « tailler plume » ni « clorre à droit une lettre ». Pour peu qu’il ait lu aussi son Journal de voyage, il se rappelle que le souvenir douloureux de La Boétie depuis longtemps décédé surgit un jour d’une lettre que le gentilhomme voyageur écrivait au cardinal d’Ossat. Dans la « librairie » où il aimait à se retirer lorsqu’il était sur ses terres, Montaigne ne fit pas que feuilleter ou lire les livres des autres, ni écrire ou dicter le sien, il entretint sans aucun doute une correspondance non négligeable avec nombre de ses contemporains, parents, amis, collègues, « gens de justice et de finance », érudits, poètes, nobles, princes et rois, sans oublier les dames.

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Notes de Montaigne et de ses successeurs

Ephemeris historica, Paris, Michel Fezandat et Robert Granjon, 1551
Localisation : Bibliothèque municipale de Bordeaux : Fonds patrimoniaux, Ms 1922

Introduction (A. Legros, 03/07/2013)
Fac-similés
Édition (A. Legros, 2013)

Introduction

Destiné à devenir un lieu de mémoire à usage personnel ou familial, l’Éphéméride historique (Ephemeris historica, Paris, Michel Fezandat et Robert Granjon, 1551, désormais Beuther) s’ouvre sur une dédicace de l’auteur, Michaël Beuther (1522-1587), juriste, historien et poète, à l’évêque humaniste de Würzburg, son protecteur. Viennent ensuite deux pièces, l’une en prose, l’autre en vers, adressées par Johann Richius à Camerarius et à Melanchthon, puis une élégie latine de Petrus Lotichius Secundus (Peter Lotz) adressée elle aussi à Camerarius (Joachim Liebhard, ce grand humaniste et important réformateur, était disciple d’Érasme et de Melanchthon), et enfin deux pièces en vers latins et grecs en hommage à l’auteur. Le volume s’achève sur une courte note érudite au lecteur, une série de commentaires savants (« In supputationem Annorum mundi », « De mensibus Hebræorum », « De mensibus Græcorum ») et un « Index Calendarii ». L’Ephemeris historica est en effet une sorte de calendrier commémoratif, un memorandum (« ce dont il faut se rappeler »), et non pas un agenda (« les choses à faire »), bien qu’il nous fasse spontanément penser à cet usage moderne dans la mesure où il consacre chaque page à un jour de l’année depuis le 1er janvier (l’Allemagne avait adopté le « nouveau style » dès 1544, neuf ans avant la France), ainsi qu’une page intercalaire au seuil de chaque mois.

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